EN VAL DE LOIRE, ON PARLE DE VIN AU COLLOQUE EUROPEEN SUR L’ALIMENTATION

Publié le 06/12/2012 par Domenico CAVALLO, vu 1384 fois - Catégorie : Evénements

Le 16 et 17 novembre derniers a eu lieu au Centre de Congrès Vinci, à Tours, le colloque  « L’Europe et l’Alimentation », organisé par l’Association Europe Val de Loire.

Au « menu » de ces deux jours de réflexion et d’échange autour du thème de l’alimentation dans notre continent, il y avait tout d’abord trois tables rondes aux approches multiples (culturelles, sociales et réglementaires). Ensuite, un atelier de dégustation proposait un voyage instructif – et gustatif – à la découverte de cinq fromages européens : deux variétés de Saint Maure de Touraine, l’Emmentaler suisse, le Cheddar original du Somerset (Angleterre), le Parmigiano Reggiano italien. Le tout ayant comme cadre les beaux jardins du Prieuré de Saint-Cosme.

On comptait presque une quinzaine d’intervenants de huit nationalités différentes, plus de cent cinquante personnes parmi le public et un modérateur d’exception comme José Manuel Lamarque, journaliste grand reportage pour France Inter. La participation au colloque et à l’atelier de dégustation était soumise à une inscription on line gratuite, dans la limite des places disponibles.

Lors des trois tables rondes (respectivement sur l’identité alimentaire européenne, la législation sécuritaire en faveur du consommateur européen et l’impact de la réglementation communautaire en matière de santé), on a insisté sur l’importance capitale de l’alimentation dans la construction identitaire mais on a aussi détaillé le développement progressif d’une politique alimentaire communautaire, grâce aux efforts des instances européennes centrales – Parlement, Commission – et délocalisées (pensons à l’EFSA[1] qui a permis, entre autre, de renforcer les mesures de traçabilité des produits alimentaires).

Qui dit alimentation dit aussi consommation de boissons alcoolisées et donc de vin. Au-delà des souhaits de consommation modérée que l’UE prône dans ce domaine, ce colloque a permis – on l’a dit – de décrire un patrimoine gustatif européen, auquel contribuent les produits vinicoles des dix-huit pays producteurs (selon le Règlement (CE) N° 479/2008[2]). Le patrimoine vitivinicole européen devrait avoir un seul point commun : la (re)découverte du terroir. Cela constitue un réflexe qui aide sans doute les vins européens à trouver leur place dans un monde globalisant, où il est de plus en plus difficile de se rallier à un groupe précis de référence.

Cette culture identitaire alimentaire (et donc aussi vitivinicole) locale, tout en étant imprégnée dans le passé, forme une résistance identitaire. Il suffit de penser à la sauvegarde des méthodes de production du vin rosé en Europe (l'idée de reconnaître en UE la pratique qui consiste à fabriquer du vin rosé en coupant du rouge avec du blanc a été abandonnée par la Commission européenne en 2009) ou à l’espoir de sauvegarde des droits de plantation (outil de maitrise du potentiel viticole européen, qui sont assujettis à une mesure de disparition à partir de 2016[3]).

Dans ce contexte, toutefois, le produit alimentaire auquel on reconnait aujourd’hui une histoire et une origine n’est plus celui qu’utilisaient nos arrière-grands-parents. Il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps : les techniques de préparation, de conservation et de production ont métamorphisé dans le temps. Dans le processus de champagnisation, par exemple, on peut repérer le changement des outils (seulement à partir du 19ème siècle nous avons le développement des instruments pour le dégorgement à la glace) ainsi que l’évolution des goûts (lors de la moitié du 19ème siècle, les champagnes moins dosées répondaient aux gouts des anglais, alors que les russes préféraient un champagne beaucoup plus sucré).

Le colloque « L’Europe et l’Alimentation » a été réalisé sous le patronage de la Représentation en France de la Commission Européenne. L’Association Europe Val de Loire, qui a été fondée par cinq femmes vivant et travaillant en Val de Loire, est à son quatrième colloque et poursuit la promotion des échanges et la transmission d’expériences entre européens.

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SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

A. CAMPANINI, P. SCHOLLIERS, J.-P. WILLIOT, Identités, aliments et cuisine aux sources d’une Europe alimentaire, in Manger en Europe : Patrimoines, échanges, identités, 2011, p. 9 – 21.

Europe Val de Loire – Rencontres à 27, http://www.europevaldeloire.eu/.

Programme « L’Europe et l’Alimentation », Centre de Congrès Vinci, Tours – Val de Loire, http://www.europevaldeloire.eu/images/upload/uploads/pdf/invitation-papier-4.pdf.


[1] European Food Safety Authority, ou Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, qui peut être considéré le fleuron de l’engagement politique européen en matière de sécurité alimentaire. L’EFSA existe depuis 2002 et son siège est en Italie, à Parme.

[2] Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie.

[3] Mesure de suppression qui a été décriée par de nombreux pays membres de l'UE.